Le ministère camerounais des Finances prépare la mise en service d’une application de suivi des importations de produits pétroliers, selon une communication de la Direction générale du budget publiée le 29 octobre. Un atelier de quatre jours à Yaoundé a réuni les utilisateurs autour des modules et de tests pratiques.

L’enjeu porte sur le calcul des compensations et des sommes éventuellement dues à l’État dans un système de prix administrés. Depuis l’incendie de la raffinerie Sonara en 2019, la multiplication des opérateurs d’importation a compliqué ce suivi, explique le ministère. La numérisation vise à disposer d’informations centralisées pour les décisions budgétaires.

Fiabiliser le calcul des différentiels

Le mécanisme de stabilisation, décrit par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, fixe un prix de cession à l’importateur et prévoit de compenser un écart positif avec son coût réel. À l’inverse, un coût inférieur au prix réglementaire peut faire apparaître un trop-perçu. La fiabilité des données conditionne donc le calcul des flux à régler ou à recouvrer.

L’application doit couvrir les appels d’offres, les adjudications et la réception des produits. Elle permettra aussi de suivre les importateurs, les distributeurs et la validité de leurs agréments, puis de centraliser les éléments nécessaires à la détermination des différentiels. L’objectif annoncé de réduction des pertes financières reste à distinguer d’une économie budgétaire déjà constatée.

Un chantier engagé en 2024

Ce développement prolonge un chantier engagé en juillet 2024 avec la création d’une équipe-projet. Un premier atelier de validation s’est tenu en juin 2025 à Mbakomo, avec notamment les administrations des finances et de l’énergie, la CSPH, la SCDP, la Sonara et les douanes. Des instructions reçues en novembre 2025 ont ensuite conduit au renforcement de la sécurité, à la modernisation de l’interface et à l’intégration d’amendements.

La phase présentée à Yaoundé porte désormais sur l’utilisation des modules, depuis la gestion des opérateurs jusqu’au traitement budgétaire et comptable. La Direction générale du budget décrit une étape de vérification opérationnelle avant le déploiement dans les services du ministère, avec la validation des rapports de tests précédant la mise en service officielle.