Le Togo a proposé de revoir le financement de la future autoroute Abidjan-Lagos, dont le coût, estimé initialement à 15 milliards de dollars, pourrait être ramené à 13 milliards, voire à 10 milliards selon les options examinées. Le ministre délégué aux Travaux publics et aux Infrastructures, Sani Yaya, a présenté ces pistes le 30 octobre à Lomé devant le comité ministériel de pilotage, selon une communication officielle publiée le 2 novembre 2026.

Le chantier doit relier Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos par une autoroute à six voies d’environ 1 028 kilomètres. Pour les cinq pays traversés, l’enjeu financier tient notamment aux différences de rentabilité attendue entre les tronçons, alors que l’infrastructure est conçue comme un seul corridor régional.

Lomé défend ainsi un mécanisme commun de péréquation et une mutualisation des charges. Les recettes potentielles des sections les plus fréquentées pourraient contribuer à répartir l’effort d’investissement entre les États, au lieu de laisser chacun financer uniquement la portion située sur son territoire.

Un financement régional encore à structurer

Le Togo souhaite également rendre pleinement opérationnelle l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA). Son conseil d’administration est constitué, mais le recrutement de ses responsables doit accompagner la préparation des travaux et la coordination des procédures foncières, notamment les indemnisations et la libération des emprises.

La Banque africaine de développement intervient comme chef de file dans la mobilisation des financements. En mai, la CEDEAO avait annoncé des missions conjointes auprès des cinq pays pour préparer leurs engagements et rechercher des prêts concessionnels susceptibles de mobiliser des capitaux privés. Cette phase financière est décisive pour un projet destiné à fluidifier les échanges commerciaux et le transport de marchandises entre les grandes économies du littoral ouest-africain.