Le nombre de Malawites incapables de couvrir leurs besoins essentiels a augmenté d’environ 600 000 entre les enquêtes de 2019/20 et 2024/25 pour atteindre 10,5 millions, selon une note de la Banque mondiale publiée en octobre 2026.
Cette hausse intervient alors que le taux national de pauvreté a reculé de 50,7 % à 47,3 %. La Banque mondiale explique ce décalage par la croissance démographique, estimée à environ 2,6 % par an, qui a augmenté la population plus rapidement que l’amélioration proportionnelle des conditions de vie.
La pauvreté alimentaire s’est en revanche aggravée. La part des habitants dont la consommation reste inférieure au coût du panier alimentaire minimum est passée de 20,5 % à 24 %. Le déficit moyen par rapport à ce seuil s’est aussi creusé, tandis que l’indice de Gini est monté de 37,9 à 39,9, signe d’une progression des inégalités de consommation.
Les écarts territoriaux restent marqués. L’enquête nationale évalue la pauvreté à 52,6 % en zone rurale, contre 20,9 % en milieu urbain. La région Sud affiche le taux régional le plus élevé à 55,8 %, avec un pic de 62,3 % dans ses zones rurales.
La Banque mondiale relie cette détérioration aux faibles performances économiques et aux chocs successifs. Depuis 2020, la croissance du Malawi a atteint en moyenne 2,2 % par an, moins que celle de la population. Les ménages ont également subi les effets de la pandémie, de trois cyclones, de la sécheresse liée à El Niño en 2024 et d’une inflation moyenne de 28,4 % en 2025.
Certains indicateurs sociaux se sont améliorés entre les deux enquêtes. L’accès à une source d’eau améliorée est passé à 91,2 % des ménages, l’électricité à 14 % et l’alphabétisation des adultes à 79,3 %. La Banque mondiale prévoit une croissance de 2,3 % en 2026 puis de 2,7 % en 2027, première année où elle dépasserait légèrement le rythme d’augmentation de la population.






