Les transporteurs africains ont enregistré une hausse de 8 % de leur trafic international en septembre sur un an, selon les données publiées le 30 octobre par l’Association du transport aérien international (IATA). Ils affichent ainsi l’une des meilleures performances régionales, derrière les compagnies d’Amérique latine, dont la progression atteint 8,2 %. À l’échelle mondiale, la croissance du trafic international se limite à 0,4 %.

En intégrant les liaisons intérieures, la hausse du trafic des compagnies africaines s’établit à 5 %, soit la plus forte progression parmi les régions étudiées. Ces variations sont mesurées en kilomètres-passagers payants, un indicateur qui tient compte à la fois du nombre de voyageurs transportés et des distances parcourues.

Une offre qui augmente plus vite que la demande

Les compagnies africaines ont accru leurs capacités de 7,7 % sur l’ensemble de leurs réseaux, à un rythme supérieur à celui du trafic. Leur coefficient d’occupation a ainsi diminué de 1,9 point pour atteindre 73,5 %, contre une moyenne mondiale de 83,2 %.

Sur les seules liaisons internationales, la capacité a augmenté de 8,8 %, tandis que le taux de remplissage a reculé de 0,6 point, à 74,8 %. Malgré la vigueur de la demande, les transporteurs africains conservent le coefficient d’occupation le plus faible des six régions suivies par l’IATA.

Leur poids dans le marché mondial demeure également limité. Ils représentaient 2,2 % du trafic en 2025, contre 34,4 % pour les compagnies d’Asie-Pacifique et 26,7 % pour celles d’Europe.

Le Moyen-Orient et les marchés intérieurs tirent la demande vers le bas

Le recul mondial provient notamment des difficultés des transporteurs du Moyen-Orient, dont le trafic total a chuté de 8 %. En excluant cette région, la demande mondiale aurait progressé de 0,3 % en septembre.

Les marchés intérieurs ont également pesé sur l’activité, avec une contraction de 2,2 %. La demande a diminué de 2,7 % aux États-Unis et de 8,3 % en Inde, où l’IATA relève la baisse la plus marquée de l’année. Les progressions enregistrées en Chine, en Australie et au Brésil n’ont pas suffi à compenser ce repli.

L’économiste en chef de l’IATA, Marie Owens Thomsen, constate néanmoins une amélioration par rapport à août, avec un retour à la croissance sur plusieurs marchés internationaux. L’organisation prévoit des capacités mondiales supérieures aux niveaux de 2025 en octobre et novembre, mais une progression faible et très inégale selon les régions, dans un contexte d’incertitude géopolitique et de volatilité des prix du carburant.