La parité fixe du franc CFA avec l’euro devrait être évaluée au regard de ses effets sur la production, l’emploi et l’investissement en Afrique de l’Ouest, estime Lo Ciré Gaydel dans une contribution publiée lundi 2 novembre 2026. L’auteur propose d’examiner trois scénarios monétaires et de renforcer les moyens de financement des entreprises de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
La première option maintiendrait le taux de change actuel tout en développant les instruments de financement de l’économie. La deuxième étudierait un régime de change plus flexible, tandis que la troisième associerait l’intégration monétaire régionale à des dispositifs renforcés pour les activités productives. La note n’appelle pas à une dévaluation immédiate et ne constitue pas une décision de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Sur l’accès au crédit, Lo Ciré Gaydel préconise d’étudier des mécanismes de refinancement bancaire ciblés sur l’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et les infrastructures. L’éligibilité des projets reposerait notamment sur leur capacité de remboursement, leur contribution à l’emploi et leur potentiel d’exportation. Il recommande aussi d’adapter les durées de financement aux cycles de production.
Une parité fixe et des risques à mesurer
Le franc CFA des huit États de l’UEMOA reste arrimé à l’euro au taux de 655,957 francs pour un euro. La réforme de la coopération monétaire engagée en 2019 a mis fin à la centralisation obligatoire des réserves de change au Trésor français et à la présence de représentants français dans les instances concernées. Elle a conservé la parité fixe ainsi que la garantie française de convertibilité.
La contribution relève qu’un change plus flexible pourrait permettre certains ajustements face aux chocs économiques, mais qu’une dépréciation renchérirait aussi des importations, des équipements et le service de dettes libellées en devises. L’auteur recommande donc de comparer les conséquences de chaque option sur l’inflation, le pouvoir d’achat, les exportations, les réserves de change et la dette extérieure avant toute réforme.
Sa méthode prévoit d’abord un diagnostic comparé des économies de l’UEMOA et une mesure des besoins de financement par secteur. Elle inclut ensuite des simulations économiques, l’expérimentation de dispositifs ciblés sous contrôle prudentiel et un débat associant les États, la BCEAO, les entreprises et les institutions financières.






