La Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté une deuxième fois, le 30 octobre, le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan l’a annoncé le lendemain, en avertissant que l’incertitude budgétaire risquait d’accentuer les tensions sur la trésorerie de l’État.

Ce désaccord intervient avant une nouvelle discussion annoncée en plénière. Le ministère évoque des marges budgétaires réduites, des difficultés d’accès aux marchés financiers et des négociations en cours avec le Fonds monétaire international. Son alerte concerne la mobilisation des financements nécessaires aux dépenses prioritaires.

Moins de recettes et davantage de dépenses

Le rapport parlementaire des séances des 20 et 23 octobre éclaire les ajustements proposés. Les recettes passeraient de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA, tandis que les dépenses augmenteraient de 7 433,9 à 7 583,9 milliards. Le déficit atteindrait ainsi 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement.

Cette dégradation subsisterait malgré une réduction des investissements publics de 555 milliards de FCFA. Selon le ministre, certains projets dépendaient des recettes du Plan de redressement économique et social, révisées de 762,9 à 311,5 milliards. Leur lancement était conditionné à ces ressources afin d’éviter de nouveaux arriérés. Leur gel ne signifierait pas leur abandon.

Dans le même temps, les subventions énergétiques passeraient de 250 à 790,3 milliards de FCFA et les bourses de sécurité familiale de 35 à 70 milliards. Le ministre présente ces arbitrages comme une protection des ménages face au choc énergétique.

Des demandes parlementaires et une réponse ministérielle

Ces enveloppes avaient suscité des demandes de clarification lors des travaux parlementaires antérieurs. Les commissaires réclamaient notamment une ventilation des aides énergétiques entre charges courantes, compensations tarifaires et arriérés. Ils demandaient aussi des précisions sur les ressources et les versements des bourses familiales.

Le différend comporte également une dimension politique. Dans une dépêche du 26 octobre, l’APS rapporte qu’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, liait l’opposition du groupe majoritaire Pastef au refus gouvernemental d’une proposition sur les fonds spéciaux. L’institution parlementaire affirmait alors sa disponibilité au dialogue et demandait des documents complémentaires. Ces positions précèdent le deuxième rejet.

Le ministère affirme avoir transmis une réponse détaillée le 30 octobre sur les subventions, les bourses et les dépenses prioritaires. Il soutient que la commission n’avait formulé aucun amendement ni contreproposition. Il annonce poursuivre les échanges lors d’une prochaine séance plénière consacrée au projet, sans en fixer la date.