Appian Capital Advisory vise environ 2 milliards de dollars en Afrique, a indiqué son directeur général Michael Scherb à Reuters le 27 octobre. Cette ambition entre dans un déploiement mondial de 5 à 7 milliards sur douze à vingt-quatre mois.

Le dirigeant privilégie le Maroc, la Namibie et le Botswana. Il étudie aussi le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et le Sénégal, sans annoncer d’engagement par pays.

Le risque politique pèse sur les destinations

Reuters recense trois investissements actifs africains et quatre latino-américains, principalement au Brésil. Trois sorties africaines sont également mentionnées, notamment au Burkina Faso et en Tanzanie, dans des contextes de crise politique.

Selon Michael Scherb, l’incertitude des politiques publiques réoriente les capitaux vers l’Amérique latine. Il plaide pour des permis simplifiés et des règles prévisibles.

Développer une mine exige davantage que l’acquisition

En Namibie, une opération antérieure illustre les besoins industriels derrière cette stratégie. Appian annonçait le 14 mai 2026 avoir acquis 95 % du projet cuprifère Omitiomire, encore à développer. Le groupe prévoyait plus de 400 millions de dollars pour le conduire à la production, avec un potentiel d’environ 30 000 tonnes de cuivre par an pendant une quinzaine d’années.

Le communiqué présentait aussi des pistes d’amélioration du traitement du minerai et de la planification minière. Appian entendait s’appuyer sur son expérience à Rosh Pinah Zinc, également en Namibie, et avait commencé des discussions de commercialisation future. Une fondation communautaire namibienne détenait les 5 % restants. Ces éléments décrivent le montage du projet annoncé en mai, avec des capacités de production encore prévisionnelles.

Le financement institutionnel apporte un autre éclairage. Le dossier public d’IFC consacré à Appian EM Fund affiche un engagement en fonds propres approuvé de 100 millions de dollars en octobre 2025. Le véhicule doit co-investir dans les marchés émergents, notamment africains et latino-américains. Son périmètre dépasse donc l’enveloppe africaine aujourd’hui évoquée.

IFC souligne les contraintes propres aux mines, dont les délais de développement, les besoins élevés en capital et le risque politique. Le dispositif impose ses normes environnementales et sociales aux investissements éligibles. Il prévoit également un rapport annuel sur ces performances et la publication périodique des noms, lieux et secteurs des sous-projets remplissant les critères de diffusion, sous réserve des contraintes réglementaires.