Le Cameroun a lancé le 21 octobre 2026 un pacte de transformation agricole évaluant à 1,87 milliard de dollars les investissements nécessaires jusqu’en 2030 pour développer huit filières, créer des emplois et réduire la dépendance alimentaire du pays.

Le plan AgriConnect vise une baisse de 28 % de la facture annuelle d’importations alimentaires, d’environ 1,6 milliard à 1,15 milliard de dollars. Il couvre le maïs, le riz, le manioc, l’huile de palme, le cacao, le soja, le lait, ainsi que la pêche et l’aquaculture.

Les objectifs annoncés pour 2030 comprennent 6 millions de tonnes de maïs par an, 800 000 tonnes d’huile de palme, un taux d’autosuffisance de 55 % pour le riz et une production nationale couvrant 60 % de la demande de lait. La pêche et l’aquaculture doivent atteindre 450 530 tonnes.

Le pacte regroupe 24 interventions portant notamment sur les semences, la mécanisation, l’irrigation, les infrastructures rurales, le stockage, la transformation, la chaîne du froid, le foncier et l’accès au financement. Sa conduite associe trois ministères camerounais, le Groupe de la Banque mondiale, le FIDA, le secteur privé et des organisations de producteurs.

L’agroalimentaire représente environ 17 % du produit intérieur brut camerounais et 42 % de l’emploi, soit quelque 4,7 millions de travailleurs, selon le FIDA. Les difficultés d’accès aux intrants, aux infrastructures, aux technologies, aux marchés et au crédit continuent toutefois de freiner la productivité.

La mobilisation effective des capitaux sera déterminante. Sika Finance rapporte que le précédent programme d’import-substitution 2024-2026 n’avait réuni que 110 milliards de FCFA sur 1 443 milliards de besoins, soit 7,6 %, tandis que les importations des produits visés ont augmenté de 15 % en 2025.

L’enveloppe de 1,87 milliard de dollars mesure les besoins d’investissement du pacte sur cinq ans. Les documents publiés ne la présentent pas comme un financement déjà réuni ni comme un décaissement de la Banque mondiale ou du FIDA.