Au Ghana, Agricultural Development Bank (ADB), banque cotée à la Bourse d’Accra, a dégagé un bénéfice net de 301,71 millions de cedis sur les neuf mois clos le 30 septembre 2026, en hausse de 6,9 % sur un an. Ses états financiers non audités montrent aussi que 66,32 % de l’encours brut de prêts étaient classés non performants, contre 70,13 % un an auparavant.

La banque a collecté davantage de ressources auprès de ses clients : les dépôts atteignent 15,36 milliards de cedis, contre 12,85 milliards à fin septembre 2025, soit une progression de 19,5 %. Dans le même temps, les prêts et avances à la clientèle ont diminué de 2,36 à 2,12 milliards de cedis. Le total des actifs s’élève désormais à 20,28 milliards, après 16,22 milliards un an plus tôt.

Une solvabilité renforcée, un risque de crédit encore important

Le ratio de fonds propres réglementaires d’ADB est passé de 0,49 % à 27,41 %, tandis que les capitaux propres inscrits au bilan progressaient de 1,56 à 2,76 milliards de cedis. Le ratio de liquidité s’est également amélioré, de 130 % à 145,83 %.

Cette consolidation du bilan accompagne une amélioration du ratio de prêts non performants de 3,81 points de pourcentage. À 66,32 %, la part des créances dégradées reste toutefois un enjeu majeur pour la qualité du portefeuille bancaire. ADB rappelle dans ses comptes l’apport de 850 millions de cedis de l’État ghanéen enregistré en 2025 au titre d’une souscription d’actions, qui avait contribué au redressement de sa solvabilité.

Un bénéfice en progression malgré des revenus d’intérêts en baisse

Les revenus d’intérêts ont reculé d’environ 1,48 à 1,23 milliard de cedis. La banque a toutefois réduit ses charges d’intérêts de 565,38 à 361,34 millions, tandis que les pertes de valeur comptabilisées sur les prêts diminuaient de 49,84 à 13,17 millions. Ses résultats comprennent également une reprise de dépréciation de 40 millions de cedis sur des titres de placement.

Le résultat avant impôt atteint ainsi 478,53 millions de cedis, contre 447,49 millions sur les neuf premiers mois de 2025. Le bénéfice par action progresse de 0,17 à 0,18 cedi. Pour cette banque historiquement tournée vers le financement de l’agriculture, l’évolution simultanée de la collecte, des fonds propres et des prêts dégradés constitue le principal éclairage de ses comptes.