Le Groupe d’action financière a décidé, le 30 octobre 2026, de retirer la Côte d’Ivoire des juridictions sous surveillance renforcée. Annoncée à l’issue de sa réunion plénière à Paris, cette décision intervient après une visite sur place jugée concluante et l’achèvement du plan d’action convenu avec l’organisation. Elle modifie le statut international du dispositif ivoirien de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

La sortie concerne également la Bulgarie, la République démocratique du Congo et Monaco. Pour la Côte d’Ivoire, elle clôt une séquence ouverte en octobre 2024. Le pays avait alors pris l’engagement politique de corriger des déficiences stratégiques avec le GAFI et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest, le GIABA.

L’inscription de 2024 intervenait après une évaluation mutuelle adoptée en juin 2023. À l’époque, le GAFI reconnaissait déjà des avancées législatives et réglementaires, un renforcement des moyens du renseignement financier et des procureurs, ainsi que la mise en activité de l’agence chargée des avoirs saisis et confisqués. Le plan demandait cependant de démontrer davantage l’efficacité de ces outils.

Des progrès dans les contrôles et les enquêtes

Dans sa nouvelle appréciation, le GAFI relève une meilleure utilisation de la coopération internationale pour les enquêtes et poursuites. Il reconnaît aussi des progrès dans la supervision fondée sur les risques des institutions financières et des professions non financières concernées, accompagnée d’actions de sensibilisation aux obligations de conformité.

La transparence des sociétés constitue un autre volet central. L’organisation constate une amélioration de la vérification et de l’accès aux informations sur les personnes morales et leurs bénéficiaires effectifs, ainsi que l’application de sanctions en cas de violation. Pour les acteurs soumis aux obligations de vigilance, ces informations servent à identifier les personnes qui contrôlent réellement une entreprise.

Le bilan porte également sur une meilleure exploitation du renseignement financier par les autorités d’enquête. Le GAFI reconnaît une augmentation soutenue des investigations et poursuites pour blanchiment et financement du terrorisme, en cohérence avec les risques du pays, ainsi qu’un renforcement du cadre des sanctions financières ciblées.

Une sortie qui préserve les obligations de vigilance

La portée de la décision doit être appréciée au regard du fonctionnement de la liste grise. Dès 2024, le GAFI précisait que cette surveillance n’imposait pas, à elle seule, une vigilance renforcée généralisée ni la rupture de relations avec des catégories entières de clients. Il demandait une appréciation fondée sur les risques. La sortie marque donc l’achèvement d’un processus de correction, sans annoncer un nouveau financement ni garantir une baisse du coût des transactions.

La fin de la surveillance renforcée ne clôt pas le travail de conformité. Le communiqué de la plénière précise que la Côte d’Ivoire poursuivra sa coopération avec le GIABA afin de maintenir les améliorations de son système.