Rougier a publié le 30 octobre une perte nette consolidée de 2 millions d’euros pour le premier semestre 2026, contre 800 000 euros un an auparavant. Le groupe forestier, implanté au Gabon et en République du Congo, réalise 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 38,7 millions au premier semestre 2025.
La dégradation du résultat coexiste avec une reprise de la rentabilité d’exploitation depuis la fin de 2025. L’EBITDA, qui mesure la performance avant notamment amortissements et provisions, redevient positif. Les trajectoires commerciales restent toutefois opposées entre les deux pays, avec des ventes en baisse de 20,3 % au Gabon et en hausse de 21,2 % au Congo.
Un marché moins favorable et des contraintes de production
Le recul du chiffre d’affaires ne tient pas seulement aux difficultés de production. Rougier décrit aussi une demande et des prix internationaux moins favorables. Les ventes intègrent en outre l’annulation de 1,3 million d’euros précédemment comptabilisé au Congo à la suite d’un litige commercial. Cette correction n’a pas d’incidence sur la trésorerie, précise le groupe.
Au Gabon, la reprise demeure progressive après les interruptions administratives de fin 2025. Un chantier a également été temporairement arrêté au deuxième trimestre, une interruption désormais levée. Au Congo, le déstockage des bois restés en forêt et la reprise industrielle soutiennent l’activité, malgré les tensions sur le gasoil.
Ces contraintes prolongent celles exposées dans les résultats annuels publiés le 30 avril. Rougier y expliquait que la diminution des volumes pénalisait une activité aux coûts largement fixes, avec des surcoûts énergétiques et logistiques. Le redressement dépend donc aussi de la continuité des opérations.
L’exploitation se redresse, les fonds propres reculent
L’EBITDA semestriel atteint 3,6 millions d’euros. Il reste inférieur aux 6,6 millions du premier semestre 2025, mais se redresse par rapport aux moins 4,6 millions du second semestre. Rougier attribue cette amélioration aux efforts de préservation des marges, de réduction des charges et d’adaptation de son organisation.
Le bilan reflète néanmoins les pertes. À fin juin, les capitaux propres passent de 11,8 à 9,8 millions d’euros depuis décembre, tandis que la dette financière nette évolue de 15,4 à 15,5 millions. Après amortissements et provisions, le résultat opérationnel reste déficitaire de 1,4 million d’euros.
Ces comptes consolidés, arrêtés le 28 octobre, n’ont été ni audités ni soumis à un examen limité. Pour le second semestre, la direction privilégie la normalisation des opérations gabonaises, une meilleure disponibilité du gasoil au Congo et la maîtrise des coûts, tout en maintenant une gestion prudente des investissements et de la trésorerie.






