Au Niger, le taux global d’utilisation des services financiers est passé de 17,4 % en 2024 à 26,2 % en 2025, selon le rapport annuel publié le 26 octobre 2026 par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La progression atteint 8,7 points de pourcentage dans les calculs de la banque centrale, la plus forte de l’UEMOA, même si le pays conserve le taux le plus faible de l’Union.

La BCEAO relie cette avancée au renforcement des partenariats entre établissements bancaires et émetteurs de monnaie électronique. Les services permettant de transférer de l’argent d’un portefeuille mobile vers un compte bancaire, et inversement, se sont développés, tandis que l’utilisation de la monnaie électronique a augmenté dans le pays au cours de l’année.

L’écart avec le reste de l’UEMOA demeure important. Le taux régional d’inclusion financière s’établit à 76,1 % en 2025, près de 50 points au-dessus du Niger. Le Mali, avant-dernier, atteint 61,9 %, tandis que le Bénin conserve la première place avec 92,8 %. L’indicateur mesure l’usage des services financiers par les adultes, en intégrant notamment les banques, la microfinance et la monnaie électronique.

Les comptes bancaires progressent aussi

Les indicateurs plus directement liés à la bancarisation confirment une amélioration, quoique sur des niveaux plus faibles. Le taux de bancarisation strict du Niger passe de 8,9 % en 2024 à 11,3 % en 2025. Le taux élargi, qui ajoute les services de microfinance, monte dans le même temps de 15,4 % à 21,3 %.

Cette évolution s’inscrit dans l’expansion des réseaux d’agents de paiement. Dans un bilan publié en mars 2026, le Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF) indique avoir soutenu Zamani Telecom au Niger par une subvention de 225 000 dollars. Entre 2022 et 2025, ce programme a accompagné le recrutement et la formation de plus de 11 500 agents de services financiers, notamment dans les zones rurales.

L’UNCDF fait état de plus de 266 000 comptes Zamani Cash ouverts par l’intermédiaire de ces kiosques, dont plus de 27 000 actifs au moment de son bilan. L’organisme décrit un réseau qui permet d’effectuer dépôts, retraits et transferts, tout en relevant les difficultés d’infrastructures et de confiance qui continuent de freiner l’adoption des paiements numériques.